Le tour concret qu’a pris le dossier depuis juillet 2008 est, d’une cer­taine façon, l’épilogue de plu­sieurs dizaines d’années de débats acharnés et de ten­ta­tives variées pour recons­truire à Liège le réseau de transport urbain ferré qu’on avait démantelé dans les années ’60. Parmi ces dif­fé­rents épisodes, celui du Transport auto­matisé urbain (TAU) pris un tour très concret — des tunnels furent creusés, du matériel roulant conçu et testé par les ACEC de Char­leroi. Comme les autres, ce projet fut néan­moins aban­donné. Ici : la pré­sen­tation du TAU sur la Place Saint-​​Lambert.

Petite chronologie du dossier du tram à Liège

le 27 avril 2010

Pour mémoire, un rappel chro­no­lo­gique des prin­ci­pales étapes du dossier. Bien sûr, l’histoire du projet ne se limite pas à la sphère ins­ti­tu­tion­nelle et l’on pourra com­pléter cette chro­no­logie d’une his­toire, plus poin­tilliste, du débat public qui a préludé, pendant des années, à la décision politique.

24 juillet 2008. Le gou­ver­nement wallon annonce, par la voix de son ministre de la mobilité, M. André Antoine (CDH), son intention d’entreprendre la réa­li­sation d’une ligne de tram à Liège, entre Jemeppe et Herstal, reprenant ainsi à son compte les conclu­sions d’une étude achevée au prin­temps par la Société régionale wal­lonne des trans­ports (SRWT). Le début des travaux était annoncé dès 2011, la mise en service pour 2013. Quant à l’investissement, il était alors estimé à 300 mil­lions d’euros pour 14 km de ligne |1|.

Décembre 2008. À la veille de la Saint-​​Nicolas, le ministre annonçait dans une nou­velle com­mu­ni­cation qu’une décision ferme était prise. Il affirmait également que le transport public aurait, sur le plan bud­gé­taire, la priorité sur le déve­lop­pement du réseau routier. Le ministre accé­lérait cependant le tempo, au risque de céder à la pré­ci­pi­tation. Sans attendre les conclu­sions du Plan urbain de mobilité (PUM), en cours, détaillait de fra­cas­santes inten­tions : maintien de l’optique de la ligne unique en fond de vallée (sur base de la seule logique des comp­tages), choix ferme et défi­nitif du tracé avant les élec­tions de juin 2009, budget revu à la hausse (le chiffre de 500 mil­lions d’euros était cité), début des travaux annoncé dès 2010, recours massif au secteur privé pour toutes les étapes du projet, permis voté par le par­lement (selon la pro­cédure « DAR ») pour éviter les recours.

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Depuis long­temps, le tram est plé­biscité par l’opinion publique lié­geoise. Une du journal « Le Jour », édition de Liège du 25 avril 2006.

Février 2009. Relatif retour­nement de situation : le ministre André Antoine, les bourg­mestres des com­munes de Liège, Ans, Chaud­fon­taine, Herstal, Saint-​​Nicolas et Seraing, MM. Demeyer, Moreau, Bac­que­laine, Daerden Jr, Avril et Mathot |2|, et la direction de la SRWT pré­sentent, lors d’une confé­rence de presse commune, la vision, cette fois-​​ci, d’un réseau complet pour l’agglomération, ainsi qu’un phasage en deux étapes pour sa réa­li­sation. Si la ligne de fond de vallée demeurait la priorité pre­mière et était annoncée pour la pre­mière phase (le montant de 500 mil­lions d’euros étant réaf­firmé), une seconde ligne — à réa­liser dans une seconde phase, dans un horizon tem­porel cependant très incertain, pour un budget évalué entre 300 et 700 mil­lions d’euros —, reliant Ans à Vaux-​​sous-​​Chèvrement (commune de Chaud­fon­taine) via Mon­tegnée, Glain, Liège et Chênée, était envi­sagée (avec de nom­breuses variantes pos­sibles), sous l’influence mani­feste du PUM. De sur­croît, le train léger faisait son appa­rition dans le schéma avec une évocation rela­ti­vement vague d’une pos­sible des­serte des lignes 37 (Vesdre), 34 (Liers), 40 (Visé), 42 (Ourthe) et 125A (Seraing-​​Flémalle). Une ligne de « Bus à haut niveau de service » (BHNS) sur l’axe de la N3 entre Ans et Fléron, une amé­lio­ration des sites propres de bus vers Rocourt, Vottem et le Sart-​​Tilman, la réaf­fir­mation d’un projet de « vélos par­tagés » dans plu­sieurs com­munes, ainsi qu’une dizaine de parkings-​​relais (P+R) com­plé­taient ce schéma qui com­mençait à res­sembler à une vision globale de la mobilité pour Liège à moyen voire à long terme. Bref : ce projet témoi­gnait d’avancées signi­fi­ca­tives : l’option du réseau (et avec elle une vision du tram comme outil de struc­tu­ration du ter­ri­toire et de soutien à une urba­ni­sation de qualité) prenait pro­gres­si­vement le pas sur l’optique de la ligne unique. Il fallait aussi se réjouir de l’adoption, essen­tielle, du principe du site propre intégral.

Juillet 2009. Un nouveau gou­ver­nement wallon est ins­tallé. La décla­ration de poli­tique régionale entérine le choix du tram. Le nouveau ministre de la mobilité, Phi­lippe Henry, déclare qu’il fait du tram lié­geois la prin­cipale priorité de son mandat |3|.

Mars 2010. Nou­velle décision du gou­ver­nement. La ligne de fond de vallée entre Jemeppe et Basse-​​Campagne est confirmée, de même que son budget de 500 mil­lions d’euros. Exit, par contre, les déve­lep­pe­ments fer­ro­viaires, dont il n’est plus fait mention. Aucune pré­cision n’est plus donnée concernant une éven­tuelle seconde phase du réseau. Par contre, trois lignes de Bus à haut niveau de service (BHNS), rebap­tisées « pré-​​tram » font leur appa­rition, des­servant Saint-​​Nicolas et Ans, Droixhe, Chênée et le Sart-​​Tilman.

|1| On se rap­pellera cependant que le chiffre annoncé était de 700 mil­lions d’euros, ce qui incluait l’investissement et une évaluation à la très grosse louche du coût d’exploitation sur trente ans.

|2| Mais pas la bourg­mestre de Fléron (ni ceux de Beyne-​​​​Heusay et de Sou­magne), Mme Musin, ni celle de Flé­malle, Mme Simonis, qui firent toutes deux connaître leur désap­poin­tement. Alors que le consensus poli­tique sem­blait jusque là  –  et depuis l’étude Sémaly-​​​​Transitec de 2000-​​2001, qui avait clai­rement iden­tifié, avec Ans, Herstal, Seraing et Fléron, les quatre axes évidents du déve­lop­pement d’un transport en commun struc­turant  –  favo­rable à la des­serte du plateau Est par le tram, cette hypo­thèse était aban­donnée  –  au profit d’un hypo­thé­tique « bus à haut niveau de service » (BHNS) par les hommes forts de la région, au grand dam des res­pon­sables poli­tiques des com­munes concernées.

|3| Dans La Meuse du 20 juillet.

Dernière modification de cette page : samedi 8 mai 2010.

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Les commentaires des internautes

1 message

Petite chronologie
posté le 7 mai 2010 à 20h11

petite rectification : ligne 37 (et non 17) pour la vallée de la Vesdre !


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