Avec la ligne 58, le campus du Sart-Tilman a gagné une liaison directe et rapide vers centre-ville. Sera-t-elle conservée dans le cadre de la refonte du réseau qui s'annonce avec le tram ?

La mobilité vers le Sart-Tilman, casse-tête chinois

par Thomas Lesuisse le 24 octobre 2010

Malgré de nombreuses améliorations, accéder à l’université en transports en commun reste un parcours du combattant.

Huit heures. Il fait froid, la machine à café est encore loin et vous avez cours dans trente minutes aux amphis de l’Europe. Vous attendez le bus près de l’Opéra, au pont d’Avroy ou avenue Blonden. Vous embarquerez dans quelques minutes, avec quelques dizaines d’autres passagers, pour un voyage relativement long (entre vingt et trente minutes) dans un convoi souvent bondé. Réjouissez-vous : avant, c’était pire !

En effet, ces dernières années, quelques progrès substantiels ont été réalisés. Deux nouvelles lignes ont vu le jour : la ligne 58, qui lie le Sart-Tilman au centre-ville en passant par Ougrée et la 28, qui part de l’agglomération est de Liège vers le site foresto-universitaire. La ligne 48, la plus fréquentée, fonctionne désormais en site propre sur certains tronçons, ce qui améliore les temps de parcours. La fréquence des lignes et la capacité de certains bus a également été revue. Bref, ça va un peu mieux.

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La couverture du P’tit Torê daté du 25 octobre au 7 novembre. Il peut être téléchargé ici.

Concernant la mobilité interne au site du Sart-Tilman, des efforts sont également en cours. La cellule mobilité installée voici deux ans au sein de l’ULg planche sur plusieurs projets, dont un « boulevard des étudiants » permettant de relier les principaux sites (du nouveau resto jusqu’à Montéfiore) par « mode doux » (vos pieds ou le vélo). On parle aussi de voitures partagées, ou d’une plateforme de covoiturage.

Toujours est-il qu’une visite dans les autres villes universitaires laisse rêveur. Les facultés namuroises, situées en pleine ville, sont accessibles à pied pour la plupart des étudiants — qui sont nombreux à kotter dans le centre. À Louvain-La-Neuve, le campus est le lieu de vie de la majorité de la population estudiantine. Certains problèmes de mobilité se posent, mais ils n’entravent pas le quotidien. Les Bruxellois ne sont pas spécialement bien lotis, mais ils gardent la possibilité d’habiter à proximité de leur université sans se couper de toute vie sociale. Tout comme les Gembloutois, d’ailleurs, preuve que toute l’ULg n’est pas à plaindre.

Ces exemples nous montrent que les soucis de mobilité des ULgistes sont finalement assez peu liés à la mobilité en tant que telle. Ils viennent surtout du fait qu’il est quasi-impossible d’habiter près de son lieu d’études : passé dix-huit heures, le Sart-Tilman redevient un paisible domaine peuplé d’arbres où l’on peut tout au plus promener son chien. Pas vraiment l’idée qu’on peut se faire de la vie d’étudiant. Les solutions ? Ramener l’université près des lieux de vie des étudiants, c’est-à-dire le centre, ou développer un noyau urbanistique au Sart-Tilman, dans le style louvaniste. Les deux semblent sympathiques, mais nécessiteraient de lourds investissements.

En attendant, on peut toujours tenter de rapprocher les sites universitaires par de meilleurs transports en commun. Quoiqu’il arrive, il y aura toujours quinze kilomètres entre le Sart-Tilman et le centre-ville. L’urgence est d’en faciliter le parcours. On pourrait, par exemple, mieux relier le réseau ferroviaire et celui de transports urbains. Plusieurs villes européennes ont installé un système de tram-train (une navette capable de circuler sur les deux réseaux), qui répondrait à une certaine demande chez nous. D’autre part, notre recteur confiait récemment « rêver d’un système de transport efficace, automatisé, et peut-être suspendu » (Le Soir, 10 septembre dernier) pour accéder au Sart-Tilman. Imaginez-vous monter au cours tous les matins en téléphérique : le pied !

Ces idées, et bien d’autres encore, seront au coeur d’un débat qui se tiendra le 10 novembre prochain à la salle « Article 23 » dans le cadre de l’opération Tramliege.be. L’occasion de mettre la mobilité étudiante — celle de tous les jours, pas l’autre — au centre des préoccupations de nos responsables politiques.

Dernière modification de cette page : mercredi 10 novembre 2010.

Les commentaires des internautes

10 messages

La mobilité vers (...)
posté le 27 novembre 2012 à 13h06 par Ir GD

quelques commentaires :

** ramener l’univ en ville ?
les bâtiments du Sart Tilman sont-ils amortis ?
que deviendront-ils si ils étaient abandonnés par l’ULg ?
où trouver des terrains pour reconstruire l’ULg en ville, avec de grands parkings ?

j’ai connu l’univ en ville. Val Benoit-Montefiore rue St Gilles- Place du XX août- quai le long de Meuse. D’un site à l’autre, c’était un marathon entre les différents sites. Et , le centre ville était un lieu de passsage.
Ceci dit, l’univ était 1 pôle de dynamique au centre ville. Quelle "vie" au CARRE ! Le centre ville a perdu de son animation !
est-ce pour cela qu’il faudrait quitter le Sart Tilman ? NON

** si on dispose d’un transport rapide, fréquent, confortable,rapide,offrant suffisamment de places,avec des services tard le soir, le Sart Tilmant deviendrait proche de la ville.
Quel est le % d’étudiants logeant sur le site , Quel est le % kotant en ville ?

L’idée de notre Recteur est remarquable.
Rappelons donc l’idée du SAFEGE ,transport innovant, proposée il y a quelques dizaines d’années


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posté le 24 novembre 2010 à 12h42 par Redminds

Si toutes les localisations devraient rester dans l’état actuel,la solution serait, pour moi, celle d’un tram - train.

Reprenant l’idée de l’ACTP, l’idéal serait d’utiliser la liaison ferroviaire Guillemins-Angleur et continuer jusqu’au pied de Colonster par la ligne 43. Le trajet se détacherait du chemin de fer et suivrait le boulevard de Colonster pour desservir le CHU après un arrêt intermédiaire et faire son terminus devant les grands Amphi de l’ULg. Ce qui fait 6 km

Je crois qu’en une 15aine de minutes on peux faire Guillemins-ULg.


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posté le 27 novembre 2010 à 22h15 par Stadtkind

En soi, l’ACTP n’a pas inventé l’eau chaude (comme souvent d’ailleurs - mais soit, ce n’est pas le débat - ) : en 1964, une des propositions étudiées à l’époque était une ligne ferroviaire se détachant de la ligne 125 à hauteur de Kinkempois et desserte du Sart-Tilman avec une gare terminale souterraine. Une variante étudiée également était le détachement de la ligne 43 et l’accès au Sart-Tilman en train via Colonster.

Rien de neuf sous le soleil en somme... Presque 50 ans plus tard.


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posté le 29 novembre 2010 à 12h04

ben si quand-même un super 58 en site propre promis par le ministre.

 :-]

PS : je ne suis pas membre de l’ACTP, je trouve simplement l’idée d’utiliser la ligne 43 très intéressante.


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posté le 2 décembre 2010 à 23h00 par Ugo

Le 58, il existe déjà et son arrivée a été une grosse avancée pour la mobilité vers le campus et les autres fonctions importantes qui se trouvent au Sart-Tilman. Mais, dans le projet du ministre, une grosse part de ce qui fait l’intérêt du 58 - la liaison directe et rapide entre le centre et le campus - va être supprimé, puisque la ligne de BHNS annoncée ne part que de Sclessin. Autrement dit, il y a une rupture de charge en plus, qui va faire perdre - en temps et en confort - une bonne partie de l’intérêt du 58.

Concernant le concept d’approche ferroviaire du Sart-Tilman par Colonster, le budget est probablement rédhibitoire (enfin, ça serait intéressant d’avoir une étude).


La mobilité à Liège,
posté le 9 novembre 2010 à 18h32 par satanas46

Dans les années 80, j’ai passé de nombreuses heures dans le 48 pour me rendre sur notre beau campus californien, d’abord depuis Robermont (le 10, puis le 48...), puis depuis le quartier Saint-Gilles... De bons et de moins bons souvenirs de ces bus bondés et embués et de l’attente aux arrêts, en particulier lors des hivers sibériens de la deuxième moitié de la décennie... A l’époque, ni le 58, ni le 28, ni les sites propres n’existaient (sauf sur le boulevard d’Avroy)... Mais on faisait aussi plus volontiers de l’auto-stop... Aujourd’hui, au chaud dans mon auto, mais coincé dans les embouteillages de la ville ou du CHU, je pense à mes enfants qui seront étudiants, à l’université je l’espère, dans quelques années... Devront-ils, eux aussi, subir l’immobilisme (ou les progrès millimétriques ?) de la Ville, de la Région, des TEC et autres "décideurs" ? Y aurait-il une "malédiction liégeoise" en matière de mobilité (et en d’autres matières aussi...), alors que la plupart des villes qui nous entourent ont donné de vraies réponses à ces questions ? Amis de l’associatif liégeois, ne lâchez pas le morceau, votre action est de salubrité publique !


La mobilité vers (...)
posté le 25 octobre 2010 à 11h24 par Alain

C’est vrai que c’est un fameux casse tête. Peut être que la solution réside dans un mix, mais également dans un certain courage politique. Cette hypothétique solution reposera peut être également sur une réduction de la place de l’auto, trop facile et trop utilisée au Sart Tilman, forcément. Le maître mot sera peut être la gestion du territoire, dans sa globalité. Des étudiants qui viennent de plus en plus loin. Des parents qui habitent des lotissements de plus en plus isolés. Cela devient de plus en plus difficile à gérer. Ce sera donc un tout. Qui passera par, petit à petit, à mon avis, l’acceptation de déplacer encore certaines activités vers la ville. La place ne manque pas. Mais il n’y a pas que l’unif. Il y a aussi cette mode des hopitaux loin des villes, qui rassemblent pas nécessité budgétaire, leurs activités en un seul lieu, de plus en plus périphérique. (voir les CHC). Il y a aussi le parc scientifique. Bref, une vision globale de la gestion de la mobilité, à intégrer totalement à la gestion du territoire, devient plus que nécessaire...


La mobilité vers (...)
posté le 24 octobre 2010 à 23h24 par Huysmans G

Bonjour, ma petite-fille est à l’unif cette année et je suis effarée du temps qu’elle met à rallier le Sart-Tilman depuis la Bergerie à Seraing. Il faut un quart d’heure en voiture mais deux heures en bus. Quand elle a cours à 8h15, il faut qu’elle parte de chez elle à 6h15 le premier 2 qu’elle pourrait prendre (correspondance avec le 27) n’arrive qu’à 9h15 au Sart Tilman. Alors, elle doit prendre le 27 jusqu’au centre ville et reprendre un 48.
Le Tec pourrait penser aux jeunes qui n’habitent pas près d’un arrêt du 48 ou du 58 et au moins mettre un bus spécial au départ de Seraing également, de façon à ce qu’ils ne passent pas un temps fou aux arrêts et pour les trajets. La ligne 14 par exemple, pourrait être prolongée jusqu’au Sart Tilman.


La mobilité vers (...)
posté le 12 novembre 2010 à 16h38 par Marc

Voici une proposition

7:16, prendre la ligne d’Autobus 27 direction Liège, Opéra. A 7:51, arrivée à l’arrêt SCLESSIN Standard (L2-3) (35 min.).

7:59, prendre la ligne d’Autobus 58 direction Boncelles. A 8:07, arrivée à l’arrêt SART-TILMAN Chimie (amphis) (8 min.).

8:12, prendre la ligne d’Autobus 48 direction Sart-Tilman. A 8:21, arrivée à l’arrêt SART TILMAN C.H.U. (9 min.).

C’est encore long, mais il n’est pas nécessaire de revenir au centre ville.

Marc


La mobilité vers (...)
posté le 28 juillet 2011 à 13h42 par Prospert

On peut encore gagner du temps en restant dans le 58 jusqu’à l’arrêt CHU-escalier : au total 2 lignes de bus seulement.


tramliege.be

Le présent site web tramliege.be a pour but d’aider les habitants de l’agglomération liégeoise et les usagers de ses transports en communs à s’informer sur les enjeux de la construction d’un tram à Liège. Il cherche à favoriser l’implication du plus grand nombre dans le débat public.

Ce site est une initiative conjointe d’une vingtaine d’associations liégeoises. Il n’est pas un processus officiel mandaté par le Gouvernement wallon.

Pour garder le contact :


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